24 mai 2006
L'Everest, le nirvana, bref, le summum
Avertissement préliminaire : Ce qui suit touche au sublime, à l'indicible, bref, à la connerie pure. Pas le minerai de connerie dont on est obligé d'extraire la connerie pure pour mieux la travailler. Non, là, on touche à la pureté de la connerie. Cette note présente le summum de la connerie de Boulet. La connerie qui fera passer les suivantes pour fades, sans intérêt. Que ceux qui ne veulent pas être déçus par la suite se réservent cette note pour plus tard. Le contrat de Boulet se terminant mi-juin, l'attente ne sera pas longue et le bonheur intense. Pour les autres qui veulent quand même braver la connerie ultime, accrochez-vous.
La scène se passe ce matin. Un vendredi normal. Non, je ne suis pas passé du côté obscur de la connerie, je sais pertinemment qu'on est mercredi. Mais comme ce soir, c'est week-end, aujourd'hui, on est vendredi. Le téléphone sonne. A ce moment de la note, je voudrais vous faire remarquer combien le téléphone est important dans les conneries de Boulet. Remarquez également que depuis le début de la note, j'ai sorti neuf fois le mot "connerie" (ne recomptez pas, je l'ai fait pour vous), ce qui traduit ma profonde vulgarité. Remarquez enfin que je fais durer le suspense et que je commence à voir certains d'entre vous avec un filet de bave au coin de la lèvre. Donc, le téléphone sonne.
Remettons quand même les choses dans leur contexte. Je travaille (et donc Boulet aussi) dans une entreprise nationale avec plein d'agences partout en France. La hierarchie est donc la suivante : Trou du cul (assistante, technicien ou ingénieur, bref la nana ou le mec qui trime en fermant sa gueule) < Responsable d'agence < Responsable régional < Directeur général < Picsou (celui qui encaisse le pognon). Le DG est celui qui gère l'entité dans laquelle on bosse. C'est donc lui qui signe nos contrats, les différents mémos qu'on peut recevoir. Bref, c'est le sous-chef de Picsou mais le chef de l'entité. Imaginez-vous donc en trou du cul dans une telle société. Vous connaissez votre responsable d'agence, forcément, vous le voyez et lui parlez tous les jours ou presque. Vous connaissez votre directeur régional, il vient vous voir de temps en temps. Et vous connaissez votre DG, au moins son nom et son visage puisqu'il traine sur le réseau de la boîte. Vous ne connaissez pas Picsou. Forcément, il reste chez lui, il compte ses sous. Décor planté, je peux revenir à Boulet.
Le téléphone sonne. Dernière remarque et je rentre dans le vif du sujet. Entre le moment où le téléphone a sonné une première fois et maintenant, il s'est quand même écoulé deux paragraphes. C'est long, hein ? Mais je vous sais patients... Elle décroche (on progresse, hein ?).
Boulet - Société machin, bonjour !
Interlocuteur - (...) (j'entends pas)
Boulet - Non, il est en congés cette semaine. Je peux prendre un message ?
Interlocuteur - (...)
Boulet - Monsieur Truc ? T - R - U - K ?
Non seulement, je reconnais le nom de Truc puisqu'il s'agit du DG mais en plus, elle écorche son nom en l'épelant. Bref, j'ouvre une oreille.
Interlocuteur - (...)
Boulet - Oui, mais je suis seulement la remplaçante.
Interlocuteur - (...)
Boulet - Début février.
Interlocuteur - (...)
Boulet - Bah, vous savez, j'ai bientôt fini mon contrat. Donc, je...
Interlocuteur - (...)
Boulet - Très bien, au revoir.
Les plus perspicaces d'entre vous auront rempli eux-mêmes certains dialogues, au moins dans leurs grandes lignes. Bref, Boulet est là depuis 4 mois, elle a signe un contrat avec le nom du DG dessus, elle voit passer des kilos de notes signées par le DG, elle a même son nom sur le tableau à côté d'elle avec certaines notes d'affichées. Sauf que, après avoir raccroché, elle vient vers et me demande : "C'est qui, monsieur Truc ?". Moi, comme je suis gentil (si, si...), je lui réponds que c'est le DG. "Ah ouais ? Ben il est pas sympa, il m'a envoyé chier !". Hem, ma grande, quand on reconnaît pas son grand chef, c'est normal qu'il t'envoie bouler. Maintenant, l'intégralité du dialogue puisqu'elle me l'a détaillé.
Boulet - Société machin, bonjour !
Truc - Oui, c'est monsieur Truc. Chef, s'il vous plaît
Boulet - Non, il est en congés cette semaine. Je peux prendre un message ?
Truc - Ben demandez-lui qu'il me rappelle
Boulet - Monsieur Truc ? T - R - U - K ?
Truc - Mais... Vous êtes de la société ? Vous êtes l'assistante d'agence ?
Boulet - Oui, mais je suis seulement la remplaçante.
Truc - Et vous êtes là depuis quand ?
Boulet - Début février.
Truc - Et bien il vous faudrait peut-être apprendre à connaître la société dans laquelle vous travaillez !!
Boulet - Bah, vous savez, j'ai bientôt fini mon contrat. Donc, je...
Truc - Bonne journée, au revoir.
Boulet - Très bien, au revoir.
Boulet, non contente de s'être fait ridiculiser par le DG en était plutôt fière puisqu'elle a raconté à qui voulait l'entendre que "tu sais pas quoi ? Ben y'a le DG qui a appelé. Et moi je savais même pas qui c'était." A sa mort, on devrait peut-être donner son corps à la science. Et encore, elle risque de nous répondre qu'elle n'est pas non plus une poubelle et que, par conséquent, faudrait pas trop trainer nos déchets dans le coin. Quant à moi, les qualificatifs ne manquent pas : abasourdi, consterné, abattu, ...
16:56 Publié dans Boulet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Je connais sa soeur,elle est en mon bureau, je suis sure !! 30 ans de boite et un grand vide entre les oreilles... mais j'ai encore 2 ans à la supporter parce que mon boulet à moi il est bientôt à la retraite.
Par contre le plus marrant c'est que mon boulet à moi elle a des copines boulets aussi et des copains aussi.
Ben quand ils sont tous ensemble ça fait une belle brochette de champions du monde !
Écrit par : maazz | 25 mai 2006
Wouah...
De l'elixir de boulettes... Du pur.
Écrit par : Pettittoutmimi | 06 juillet 2007
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