21 mai 2007

Lettre à Diane

Très chère Diane,

Je prends la plume alors que j'ai déjà parlé de toi sur ce blog. En plus, dans l'une des rares notes dont je suis le plus fier. La note en question date du 21 juin 2006 et elle se concluait par "je crois que je l'aime encore". Dans cette phrase, c’est de toi dont il s’agit. Avec le temps, je pensais que ce doux souvenir s'était estompé, que tu avais définitivement quitté ma mémoire, au moins sur ce sujet.

Et en fait, non. J'ai rêvé de toi cette nuit. J'ai rêvé de nous cette nuit. Rassure-toi, tu étais toujours aussi jolie et moi toujours aussi gauche. Tu étais dans une grande pièce et des personnes que j’ai pensé médecins étaient affairées autour de toi. Je suis entré et l'un de ces messieurs m'a dit que tu ne voulais plus me voir. Je suis reparti anéanti mais tu m'as rattrapé. Bon, visiblement, ça allait mieux. On a discuté, je t'ai dit que oui, je pensais parfois à toi, que oui, j'avais été (ou que j’étais, je ne me souviens plus) très amoureux de toi. Il me semble même que je t'ai pris la main. Ensuite... Ensuite, ce connard de réveil a sonné.

Pour être totalement franc avec toi, j'ai mis un moment à me remettre de ce rêve. Après quelques minutes de silence à errer dans mon appartement, mes premiers mots de la journée ont été "'tain, fait ch*** !!". Je les confirme parce que tu es revenue dans ma tête et que je ne t'en félicite pas. J'écris cette lettre à 10h et tu es toujours là. Je vais prendre ma voiture pour aller sur un chantier et je n'écouterai pas la radio ni ne chanterai parce que je penserai à toi. J'espère juste que je ne rêverai pas encore de toi cette nuit. Ou alors, si, peut-être l'espère-je un peu, tout au fond de moi.

Pourtant, il faut que je me persuade que je ne te recroiserai jamais. Il faut que je me dise que jamais je n’aurai l’occasion de te dire ce que j’ai pu ressentir pour toi. Oh, j’ai bien quelques moments de lucidité qui me font dire ces choses. Mais mon inconscient n’efface pas ta douce image. Voilà tout mon paradoxe.

Je voudrais arriver mais je reste. Je me déteste. Je n'arriverai pas. Je veux mais je ne peux pas. Je devrais vous parler. Je devrais arriver ou je devrais dormir. J'ai peur que tu sois sourde, j'ai peur que tu sois lâche. j'ai peur d'être indiscret, j'ai peur de ne pas vous dire que je t'aime, peut-être...

Je t’embrasse.

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