03 décembre 2007

Martin Landau et moi

Pour les plus jeunes de mes lecteurs, Martin Landau ne représente rien. Les nostalgiques se souviendront en revanche de Mission Impossible. J’avoue, à part son nom, je ne connaissais rien de Martin Landau. Comme il me fallait un titre à cette note, j’ai fait référence au chef d’œuvre du cinéma français Travolta et moi. Je conçois aisément que vous n’ayez aucune idée de ce film puisqu’il s’agit d’un navet produit dans ma région natale dans lequel jouent une paire de connaissances.

J’ai revu hier soir des épisodes de (l’excellente série) FBI portés disparus sur France 4. Les épisodes étaient certes anciens (saison 2 pour les amateurs) mais je prends toujours un plaisir non dissimulé à les revoir. Surtout quand ils me parlent au plus profond de moi-même et qu’ils font écho à ma situation personnelle.

Dans l’épisode en question, la tante de l’un des enquêteurs avait disparue. L’équipe découvrait qu’elle était atteinte d’un cancer en phase terminale et qu’elle aidait certaines personnes à mourir afin de leur épargner de trop grandes souffrances. Pendant ce temps, le responsable de l’équipe apprenait que son père (interprété par Martin Landau, voilà le rapport avec le titre) avec qui il avait une communication difficile était atteint de la maladie d’Alzeihmer.

La tante, c’est ma mère. Comme elle, ma maman est atteinte d’une maladie qui, cadeau bonus, est incurable. Dans son cas, ce n’est pas un crustacé qui la ronge mais une autre saloperie qui porte le nom de son découvreur, Parkinson en l’occurrence. Bien consciente de la chose, ma mère a également bien conscience de l’avenir. Sauf qu’elle ne l’assume pas et c’est un sujet de débat entre nous (qui inclut également ma sœur mais pas mon père, assez détaché mais j’y reviendrai puisque, vous l’avez déjà compris, Martin Landau, c’est mon père). En gros, son credo, c’est "quand je finirai sur une chaise roulante, je me tirerai un balle". De mon côté, "tant que la Terre tourne et que le soleil brille, la vie est belle". Alors, c’est difficile de discuter. Même sur le ton de la plaisanterie, elle ne change pas d’avis. J’en arrive donc à laisser tomber, à la laisser dans son trip, en pensant qu’elle ne franchira pas le cap.

Martin Landau, donc, c’est mon père. Si lui n’est pas malade, c’est sur le plan de la communication que les cas sont parallèles. Ce n’est pas tant le fait que communiquer avec lui a été difficile, c’est que, comme moi, mon père est un taiseux. 681c90d5308bc1839bfc6e37a95d8a58.jpgIl ne parle pas beaucoup. Je suis en revanche convaincu qu’il a ses opinions, en particulier sur le sujet de ma mère. Mais, si on ne les lui arrache pas, il ne les dit pas. Pourquoi, je ne le sais pas. Mais ça ne me dérange pas dans le sens où je lui ressemble sur ce point. Je ne parle pas facilement de moi, je ne me livre pas facilement, même aux personnes qui me sont très proches. Certaines m’en font parfois le reproche mais j’ai la faiblesse de croire qu’elles commencent à l’intégrer.

J’ai donc plus regardé cet épisode en pensant à moi qu’en me concentrant sur les personnages fictifs. Malgré tout, la fin, bouleversante, a réussi à me tirer quelques larmes. Mais peut-être étaient-elles là parce que je pensais à toutes ces choses que mon père et moi ne nous sommes pas dites ou à ce que je n’envisage pas que ma mère fasse dans un avenir que j’espère lointain...

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Commentaires

D'un point de vue léger, tout à fait d'accord avec toi concernant FBI portés disparus, une excellente série !

D'un point de vue plus sérieux, une grosse pensée pour toi. Les crustacés, au moins, on peut se battre contre eux. Parkinson, c'est comme Alzheimer, deux mecs qui ont donné leur nom à des saloperies contre lesquelles toute défense est vaine.

Écrit par : Miss Alfie | 03 décembre 2007

J'ose à peine dire que je sais ce que tu ressens, traversant moi meme des moments tres difficiles. Il faut bcp de courage et c est bien difficile de le trouver ce courage.

Écrit par : Malena | 05 décembre 2007

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