05 juin 2007
Lettre à Mathilde Seigner
Ma grosse conne préférée,
Laisse moi tout d'abord justifier la formule de politesse. Grosse, tu l'es puisque tu es enceinte. De qui ? On s'en fout. Remarque, non, parce que le mec, je me demande s'il a bien réfléchi. Mais bon, ce n'est pas la question. Ou alors, il n'est pas au courant que c'est lui. Je m'égare, je m'égare. Conne, pas besoin de développer, c'est de notoriété publique. Quant à préférée, je pense qu'il n'y a pas assez de mots pour dire à quel point tu m'insupportes mais que chacune de tes apparitions me délectent puisque je ne peux m'empêcher de sortir plusieurs fois "mais quelle conne !"
Tu étais hier sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot. J'ai pris l'émission en cours et l'animateur lançait une petite rubrique sympa qui s'appelle le Petit Journal People. Et hier, cette rubrique était entièrement consacrée à Paris Hilton qui, rappelons-le, va passer un mois et demi en prison ce qui ne peut pas lui faire de mal. Après cette chronique, tu as réagi... comment dire... comme une grosse conne. Tu t'es emportée contre le fait que PParis Hilton soit encensée et tu as déviée sur le Festival de Cannes où, je te cite approximativement, "il y a n'importe qui sur le tapis rouge". Laurent Weil a quand même corrigé le tir en précisant qu'il y avait pas mal d'équipes de films. C'est à ce moment que tu as sorti l'ânerie du jour.
"Ouais mais y'a aussi plein de chinois ou de gens de l'est." Hé ouiiii, Mathilde, il n'y a pas que la France qui fait du cinéma ! La Roumanie a remporté la Palme d'Or, une Coréenne (1) a remporté le prix d'interprétation féminine. Oui, une Coréenne, pas une Chinoise. Mais j'imagine que tu ne fais pas la différence. C'est jaune, c'est pas très grand, bouah, allez, c'est chinois. T'es pas la fille de Thierry Roland, toi ? Enfin, bref, l'absurdité de ta remarque est telle que je ne développerai pas plus.
Tu as également conclu par "de toute façon, Cannes, je n'y vais pas aprce que ce n'est pas un truc pour moi". Faux. Cannes, tu n'y vas pas parce que personne ne t'invite, que tu fais des films de mer** et que tu emmer***ais le monde plus qu'autre chose. Mais bon, ça, je pense que tu le sais et que tu en as bien conscience. Sur ce, je te laisse avec les propos de Michel Boujenah qui a rajouté après ta prestation "A la télé, parfois, on est rien". Je trouve que ça te ressemble. Sauf que pour toi, ce n'est pas qu'à la télé et c'est tout le temps.
(1) : La Coréenne en question s'appelle Jeon Do-Yeon et franchement, je l'aurais bien consolé lors de la remise de soon prix car elle était très très émue. C'est Delon qui l'a fait, c'est trop injuste.
07:20 Publié dans Boîte à lettres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21 mai 2007
Lettre à Diane
Très chère Diane,
Je prends la plume alors que j'ai déjà parlé de toi sur ce blog. En plus, dans l'une des rares notes dont je suis le plus fier. La note en question date du 21 juin 2006 et elle se concluait par "je crois que je l'aime encore". Dans cette phrase, c’est de toi dont il s’agit. Avec le temps, je pensais que ce doux souvenir s'était estompé, que tu avais définitivement quitté ma mémoire, au moins sur ce sujet.
Et en fait, non. J'ai rêvé de toi cette nuit. J'ai rêvé de nous cette nuit. Rassure-toi, tu étais toujours aussi jolie et moi toujours aussi gauche. Tu étais dans une grande pièce et des personnes que j’ai pensé médecins étaient affairées autour de toi. Je suis entré et l'un de ces messieurs m'a dit que tu ne voulais plus me voir. Je suis reparti anéanti mais tu m'as rattrapé. Bon, visiblement, ça allait mieux. On a discuté, je t'ai dit que oui, je pensais parfois à toi, que oui, j'avais été (ou que j’étais, je ne me souviens plus) très amoureux de toi. Il me semble même que je t'ai pris la main. Ensuite... Ensuite, ce connard de réveil a sonné.
Pour être totalement franc avec toi, j'ai mis un moment à me remettre de ce rêve. Après quelques minutes de silence à errer dans mon appartement, mes premiers mots de la journée ont été "'tain, fait ch*** !!". Je les confirme parce que tu es revenue dans ma tête et que je ne t'en félicite pas. J'écris cette lettre à 10h et tu es toujours là. Je vais prendre ma voiture pour aller sur un chantier et je n'écouterai pas la radio ni ne chanterai parce que je penserai à toi. J'espère juste que je ne rêverai pas encore de toi cette nuit. Ou alors, si, peut-être l'espère-je un peu, tout au fond de moi.
Pourtant, il faut que je me persuade que je ne te recroiserai jamais. Il faut que je me dise que jamais je n’aurai l’occasion de te dire ce que j’ai pu ressentir pour toi. Oh, j’ai bien quelques moments de lucidité qui me font dire ces choses. Mais mon inconscient n’efface pas ta douce image. Voilà tout mon paradoxe.
Je voudrais arriver mais je reste. Je me déteste. Je n'arriverai pas. Je veux mais je ne peux pas. Je devrais vous parler. Je devrais arriver ou je devrais dormir. J'ai peur que tu sois sourde, j'ai peur que tu sois lâche. j'ai peur d'être indiscret, j'ai peur de ne pas vous dire que je t'aime, peut-être...
Je t’embrasse.
10:05 Publié dans Boîte à lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 mai 2007
Lettre à ma famille
Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères (de combat) Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire, hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi, petit papa, si je t'ai fait, ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Commentaire personnel : Comme pas mal de monde je pense, j'ai découvert ce texte poignant avec l'hommage rendu par le nouveau Président de la République. En revanche, je ne commenterai ni la décision de le faire lire aux lycéens chaque année, ni la réaction d'Edwy Plenel, réaction qui ne l'honore pas.
10:40 Publié dans Boîte à lettres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
08 mai 2007
Lettre à un militant socialiste
Cher militant,
Je m'adresse à toi, oui, à toi, militant socialiste qui a eu la brillante idée de déclarer après l'élection de Nicolas Sarkozy que tu avais "honte d'être français". C'est bien évidemment au sujet de cette assertion que je vais t'écrire tout en te précisant que, moi aussi, ça me fait ch*** que le Petit Nicolas soit président.
Alors, comme ça, tu as honte d'être français. La belle affaire ! Non, en fait, je te comprends. Vivre dans une démocratie, c'est pénible. Vivre dans un pays de libertés (de penser, d'expression, de presse, etc.), quelle horreur ! Avoir le droit de vote dès 18 ans, c'est une vraie aberration. Je m'arrête là, j'imagine que tu as saisi mes propos.
Ces propos, je les ai tenus de la même façon le 21 avril 2002. En fait, pour être franc, "avoir honte d'être français" parce que le résultat d'une élection ne correspond pas à ses attentes, c'est tout simplement remettre en cause le suffrage universel. C'est remettre en cause le choix des Français. Je te signale d'ailleurs que la personne que tu soutenais a été mille fois plus digne que toi dans la défaite.
Alors, voilà, puisque tu as honte d'être français, je te propose la Corée du Nord. C'est calme, c'est totalitaire, tu as le droit de te taire et de bosser. Je te réserve un billet pour Pyong-Yang ?
Cordialement,
10:53 Publié dans Boîte à lettres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04 mai 2007
Parfois, mon service postal fait grève.
Je voulais écrire une lettre à Pascal Nègre, Nikos Aliagas, Alexia Laroche-Joubert et tous les cerveaux de TF1 qui ont eu l'ignominieuse idée de diffuser un prime time en hommage à Grégory Lemarchal. Pour être franc, je n'ai découvert ça qu'au cours de la première pause publicitaire de la Nouvelle Star rediffusée sur W9 (vu que, bon, j'avais suivi consciencieusement le débat présidentiel).
Dans cette lettre, j'aurais volontiers placé les mots "scandaleux", "lamentable", "gerbant", "immonde" voire "rhododendron" mais j'avoue que j'aurais eu du mal à le placer, celui-là. Pascal Nègre détient sans doute la palme de l'immoralité, voire de l'amoralité. Il a répété ce qu'il avait préalablement déclaré dans "Le Parisien", à savoir que le jeune homme travaillait sur son deuxième album et qu'il avait déjà enregistré deux chansons. Je rappelle que Pascal Nègre est président d'Universal, je traduis donc ses propos :"ne t'inquiète pas, public de Grégory, nous allons ressortir une version de son premier album agrémenté des deux chansons inédites". Beuarp.
Dans cette lettre, TF1, trop content d'avoir une occasion de faire son Téléthon, en aurait également pris pour son grade. Parce qu'un standard destiné à récolter des fonds pour la lutte contre la mucoviscidose avait été mise en place. Sauf que, hé oui, ma brave dame, il faut bien vivre, le standard est payant. Un one-shot de Nikos Aliagas préparé en trois jours, ça se paye, il faut le savoir. Cher, évidemment. Beuarp, nouvelle galette.
Quand j'ai posté cette lettre, mon service postal a refusé de la faire circuler. Parce qu'il a pensé que bien des personnes seraient choquées et que non, ce n'est pas bien de dire du mal d'un mort. J'ai bien argumenté en disant que les personnes qui m'auraient dit ça n'auraient pas tout à fait compris le sens de mon propos, que je dénonce le traitement médiatique outrancier de l'évènement plus que l'évènement lui-même ou que la pensée unique me fait gerber. Mon service postal n'a rien voulu savoir.
Vous l'aurez compris, mon service postal, c'est ma conscience. Elle m'a donc guidé à ne vous dévoiler que la trame de ce courrier probablement très violent que je voulais poster sur ce blog. J'espère que vous ne lui en tiendrez pas rigueur. Après tout, dimanche, sur les coups de 20h, on aura oublié ce consternant spectacle. Il faudra juste ne pas oublier que TF1 est une chaîne vulgaire.
23:35 Publié dans Ah ben là, je dis "non !", Boîte à lettres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



