29 août 2006
L'effet parabole
Quand j'étais plus jeune, à la belle époque de l'école d'ingénieurs, on me disait que la moyenne dans une même boîte en début de carrière était d'environ trois ans. Au-delà, on passait pour un fonctionnaire qui cherche plus la stabilité que l'évolution. Je m'étais fait une raison et j'avais assimilé ce principe.
Quand je suis entré là où je suis encore aujourd'hui, j'avais toujours ce principe en tête : "je vais rester trois ans, histoire de me former et après, j'irai voir ailleurs". Donc, quand un chasseur de têtes me contactait, je répondais poliment que "non, je me vois contraint de décliner votre proposition puisque je suis dans un cursus de formation" et que "oui, éventuellement, dans 12 ou 18 mois, je serai à l'écoute d'une éventuelle offre".
Et puis, il y a eu une période où j'ai progressivement abandonné moon principe de base. Parce que l'agence tournait bien. Parce que l'ambiance au bureau était idéale. Parce que mon boulot me passionnait toujours autant, peut-être même plus au fur et à mesure que des affaires intéressantes m'étaient confiées. Et puis aussi, ne nous le cachons pas, parce que ça suivait financièrement. Bref, parce que toutes les diodes étaient au vert.
Sauf que, depuis quelques semaines, j'ai quelque peu perdu ma motivation. Avant mes vacances, je pensais que c'était dû à l'usure et à la fatigue, que ça reviendrait avec du repos. Et puis non, c'est pas revenu. Pas spécialement envie de m'arracher pour faire les rapports que j'ai un peu en retard. Pas spécialement envie de me bouger le cul pour aller sur les chantiers. Pas spécialement envie de répondre aux pécores qui posent des questions stupides au téléphone. Pire que tout, le matin quand le réveil sonne, c'est presque sans envie que je me lève.
Vous avez maintenant l'explication du titre. L'intérêt du poste est progressivement monté, a atteint un optimum avant de retomber. Bref, je suis dans une période où je ne sais pas trop quoi faire. Partir et ne pas savoir où arriver ? Et dans ce cas, rester dans le même domaine ou changer ? Ou sinon, rester et espérer que l'envie revienne ? Vos avis sur la question ?
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10 juillet 2006
Mourir ensemble
OK, je le concède, hier soir, j'étais amer, déçu et triste à cause de cet échec en finale de Coupe du Monde. Et je m'en suis pris à Zidane. Or, Zidane est un dieu et il ne faut pas offenser les dieux, ça ne se fait pas. Plus sérieusement, son geste est impardonnable, son absence à la cérémonie est inexcusable. Faut-il l'accabler pour autant ? Je vous livre ici un texte que je trouve remarquable que j'ai piqué sur ce site que je trouve tout autant remarquable. Vous noterez un passage en bleu qui résume à merveille le statut de supporter. Pourquoi un tel titre à cette note ? Les Bleus avaient une devise : "On vit ensemble, on meurt ensemble".
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Dimanche soir, ce n'est pas le plus fort qui a gagné, c'est encore le football.
Il nous manquait ça : une finale perdue injustement, dans des circonstances rendues un peu folles, avec une intensité dramatique qui nous renvoie... à des quarts et des demi-finales de Coupe du monde mythiques, quelle qu'en soit l'issue. Cette fois, il s'agissait d'une finale... Comme s'il avait été trop facile de gagner la première, du premier coup.
Désormais, nous pouvons prétendre connaître intimement le football, après avoir ajouté à notre collection cette expérience – aussi douloureuse soit-elle, puisque la déception est bien l'essence même de la vie du supporter. La France rejoint le club des nations qui ont connu la défaite après avoir connu la victoire dans de tels matches. C'est presque un juste retour des choses face à des Italiens dont il devenait difficile de croire que nous les détrousserions indéfiniment. On devait trop de revanches. Il fallait bien qu'un de nos créanciers finisse par nous mettre le grapppin dessus.
La tristesse est proportionnelle à l'espoir né du parcours de cette équipe, du 13 juin au 9 juillet, mais aussi de 1998 à 2006. Les regrets seront éternels. Nous reverrons ces images dans dix, vingt, trente ans. D'autant plus que cette finale entre dans le panthéon de la compétition. Dominant chacune une mi-temps, les deux équipes se sont donné le droit de l'emporter, même si l'emprise française a été beaucoup plus nette avec une ribambelle d'actions dangereuses, et finalement, le sort de la rencontre s'est joué sur ces aléas qui font que le football est le sport le plus injuste qui soit.
Là est l'ironie: l'équipe de France s'est inclinée comme ses précédents adversaires, en se montrant joueuse. C'est cependant tout à son honneur d'avoir voulu renverser son adversaire, et d'avoir été si près d'y parvenir en montrant du panache dans son jeu, en achevant sa transformation en grande équipe au tout dernier jour de la compétition, sur le toit du monde. Pas mal pour une équipe à ce point vilipendée il y a à peine trois semaines. Ces joueurs peuvent être fiers en effet, car tous ont été à la hauteur dimanche, certains produisant même leur meilleur match de la compétition. Il a fallu le talent d'une énorme défense et d'un grand gardien pour leur barrer la route, le reste est littérature.
Mais quelle littérature ! De sa Panenka à son agression sur Materazzi en passant par sa tête de la 104e minute, Zidane a fait et défait cette finale. Les donneurs de leçons salivent déjà à la perspective de faire l'exégèse de ce deuxième geste. Il vient simplement remettre les pendules à l'heure sur un être humain canonisé aux dépens d'une vision plus juste de cet extraordinaire footballeur. Une cuisse saoudienne, un front allemand et un plexus italien peuvent témoigner que c'est un bouillon d'adrénaline qui couve dans sa poitrine et que son apparente impassibilité n'annule jamais la possibilité d'un geste irréparable. On n'échappe pas si facilement à ses démons et il n'est pas étonnant qu'ils resurgissent au moment où la tension de toute une carrière atteint son apogée : à quelques minutes de sa fin sur la plus belle des scènes.
Il n'est même pas question de pardonner ou non cet écart, mais plutôt de le rajouter au portrait d'un personnage dont la richesse et la fascination qu'il exerce doivent plus à cette ambivalence qu'à sa transformation en icône publicitaire. C'est comme ça que nous préférons Zidane, quand il ne colle plus vraiment au message d'une marque agroalimentaire ou d'une compagnie d'assurances. Humain, donc forcément un peu con. Dire "Il méritait une meilleure sortie", c'est ne pas comprendre qu'au contraire, cette sortie a une dimension tragique comme seuls les grands personnages (et pas seulement les grands joueurs) sont capables d'en produire. Là aussi, on en a encore pour des années de discussion.
La Coupe du monde 2006 a donc livré une finale mémorable mais dont nous sommes les victimes. Il y a quelque chose de Séville dans cette défaite, même si les circonstances différent, dans son caractère épique et rageant à la fois, et parce qu'elle fait un pont avec les années 70-80 et avec notre mythologie de la défaite glorieuse. Ce n'est pas une tare, au contraire. Nous sommes là en plein football, contemplant sans y croire les dégâts que le scénariste nous a réservés, après avoir espéré pendant cent vingt minutes qu'il allait choisir la bonne fin pour une histoire trop belle... Mais celle des Italiens l'est-elle moins ? C'est pour cette intensité de sentiments que nous aimons le football, dans l'attente qu'il nous serve, comme autant de miracles, des aventures inouïes. Certaines finissent mal, mais elles ne sont pas moins précieuses : nous devons à cette équipe le privilège de nous en avoir fait vivre une.
Nous voilà donc avec une bonne vieille envie de chialer qu'on fait mine d'ignorer au fond de soi. On y trouve, un peu mêlé, le plus petit chagrin de la fin d'une belle Coupe du monde. Avant de mieux mesurer le chemin parcouru par ce groupe, il va falloir se laisser imprégner par la déception, en boire le calice jusqu'à la lie, revoir l'image de Thuram en larmes – lui le plus sage, le plus détaché, celui qui ne croyait plus en l'équipe de France... Si lui pleure, rien ne nous en empêche plus.
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28 juin 2006
J'aurais voulu...
J'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire mon numéro [...]
J'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir [raconter] ma vie
[...]
J'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir dire pourquoi j'existe
Finalement, j'ai décidé d'être un bloggeur.
Parce que je peux faire toutes ces choses à la fois.
Paroles extraites et adaptées (pour un mot) du "Blues du businessman" de Starmania
22:45 Publié dans Etats d'âme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01 juin 2006
J'ai failli faire une note, le retour
J'étais parti, j'étais à fond dedans, j'avais mon idée, je commençais à taper ma note. Et puis, pouf, plus rien. Ou du moins, si. La fâcheuse impression que ma note n'allait intéresser personne. Non, mais c'est vrai, parmi mes lecteurs, qui cela peut-il intéresser, le déroulement d'une commission de sécurité et le rôle des pompiers préventionnistes ? Personne. Absolument personne. Donc, j'ai laissé tomber la note. Peut-être qu'elle reviendra, un jour. En revanche, contrairement à la dernière fois, même si la demande est générale, je ne cèderai pas. Pas besoin de vous égosiller le clavier avec des "Mais si, vas-y, raconte !!".
Une fois que tout cela est dit, je me repose la fameuse question. Qui cette note, tout au moins cette absence de note peut-elle intéresser ? Je ne sais pas. Personne, peut-être...
16:45 Publié dans Etats d'âme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
27 mai 2006
Devoir surveillé, vous avez deux heures !
Mise en situation
Vous avez avec une personne du sexe opposé des relations qui ne dépassent pas le cadre de la relation "commerçant - client". Cette personne est plutôt charmante et tout à fait sympathique. Mais vous ne la connaissez pas plus que ça, pour ne pas dire pas du tout.
Question
Cette personne vous souhaite un bon week-end et dit "au revoir" en rougissant. Expliquez la signification de cette réaction.
23:40 Publié dans Etats d'âme | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



